Une féerie de méduses
En Papouasie, dans des lacs marins isolés, constitués depuis 20.000 ans au milieu de paysages montagneux, prospèrent des méduses d’un genre unique. Coupées de l’océan, en vase clos et sans prédateur, elles ont perdu leur pouvoir urticant. L’équilibre de ces écosystèmes est particulièrement fragile : immersion dans un monde fascinant.
La forêt enchantée des gorgones
En Nouvelle-Calédonie, ces immenses fougères arborescentes sous-marines recèlent des trésors de biodiversité.
Méconnues, alors qu’elles poussent dans toutes les mers tropicales et tempérées, et même en Méditerranée, les gorgones sont un émerveillement sous-marin. De la famille des coraux, leurs ramifications colorées en forme d’éventails peuplent les tombants et se balancent au gré des courants. Leur croissance est très lente, de quelques millimètres à quelques centimètres par an en fonction des 1.200 espèces répertoriées. En Nouvelle-Calédonie, les Gorgonacea locales sont
immenses : jusqu’à 3 mètres de large et 4 mètres de haut : un trésor à préserver des plongeurs inexpérimentés. Chaque rameau est le support de centaines de polypes vivant ensemble et chaque gorgone est un refuge très prisé de nombreuses espèces de poissons, hippocampes et crustacés.
Le babiroussa survit sur l’île de Sulawesi
Ce cochon sauvage est endémique à cette province indonésienne, également appelée Célèbes. Très bon nageur, il est aussi essaimé sur quelques autres iles avoisinantes.
Classée vulnérable sur la liste de l’UICN, la population restante, menacée par la chasse et la déforestation, est évaluée à environ 4.000 individus. Au sein de la famille des suidés, le babyrousa celebensis se distingue par ses incroyables défenses recourbées qui sont en réalité ses canines. Pouvant atteindre une longueur impressionnante, elles percent parfois le crâne de l’animal, provoquant ainsi sa mort. Elles sont aussi l’atout maitre pour se distinguer auprès des femelles.
L’éléphant de Sumatra, vestige de la forêt indonésienne
La conversion des forêts en zones agricoles, ou d’habitation, est la raison de la disparition programmée de ces pachydermes.
Entre 1985 et 2007, 50 % des éléphants de Sumatra (Elephas maximus sumatranus) sont morts. Entre 1980 et 2005, 69 % de leur habitat potentiel a été détruit. Désormais, la majeure partie de la couverture forestière est constituée de blocs de moins de 250 km², trop petits pour contenir des populations viables de ces animaux. Capturés, empoisonnés ou braconnés pour leur ivoire, les éléphants de Sumatra sont classés en danger critique d’extinction par l’UICN, leur population ayant décliné d’au moins 80 % au cours des derniers 75 ans. Il resterait entre 2.400 et 2.800 individus sauvages de cette sous-espèce des éléphants d’Asie qui possèdent 20 paires de côtes, soit une de plus que leurs cousins et de plus grandes oreilles. Si l’animal est protégé par la loi locale, 85% de son habitat se trouve sur des zones non protégées, susceptibles d’être défrichées sans sommation.
L’ura des Australes menacé par le rat noir
Dotée d’un plumage magnifique, l’oiseau aux 7 couleurs est endémique à la Polynésie et en danger critique d’extinction.
Le Lori de Kuhl Vinikuhlii dont le plumage habillait la parure des chefs polynésiens subsiste sur l’île de Rimatara, dans l’archipel des Australes. C’est l’une des deux dernières îles de Polynésie Française habitées encore indemnes du rat noir. Car cette espèce exotique envahissante est l’un de ses pires prédateurs. Aussi dénommé Ura en tahitien, l’oiseau aux 7 couleurs est long de 18 centimètres, ses joues, sa poitrine et l’avant de son ventre sont rouge vif, tandis que le dessus du corps présente différentes nuances de vert. Une zone bleu-violette est présente sur la nuque et sur le ventre. Ses pattes et son bec sont orange.
La grande vulnérabilité des orangs-outans
Très menacés par la destruction de leur habitat, ces grands singes souffrent aussi d’un taux de reproduction très faible.
Les orangs-outans sont endémiques aux forêts tropicales des îles de Sumatra et de Bornéo. Toutes les différentes espèces sont classés en danger critique d’extinction sur la liste de l’UICN. Ils appartiennent à la famille des hominidés et leur génome est similaire, à 97 %, à celui des humains. Les individus vivent en solitaire, perchés dans les arbres à la recherche de nourriture. Les mâles n’atteignent leur maturité sexuelle qu’entre 7 et 10 ans. Surtout, les femelles ne se reproduisent qu’environ tous les huit ans en donnant naissance à un seul petit qu’elles allaiteront et accompagneront pendant en moyenne 8 ans. Leur survie est directement menacée par la déforestation, notamment liée à la production d’huile de palme, et le braconnage qui demeure intensif.
La licorne des mers n’a pas livré tous ses secrets
La légende du narval traverse les siècles. Dans les eaux polaires arctiques, ces cétacés agitent leurs immenses défenses d’ivoire, sans que l’on connaisse encore leur véritable utilité.
Voilà plus de 500 ans que les scientifiques s’interrogent sur la fonction de l’immense dent torsadée qui caractérise le narval. Issue de l’incisive supérieure gauche, elle orne le front des mâles et peut atteindre 3 mètres alors que l’animal lui-même mesure 4 à 5 mètres. Considérée un temps comme une défense ou un outil de chasse, on sait désormais que cet appendice comporte une dizaine de millions de terminaisons nerveuses, ce qui en fait un organe sensoriel extrêmement puissant. Le narval est classé comme « préoccupation mineure » sur la liste rouge de l’UICN. Pourtant, les populations les plus nombreuses du Canada et du Groenland n’excéderaient pas 50.000 individus. La surpêche détruit les stocks de leurs proies favorites (crevettes, calamars, crustacés…) La pollution des océans et le réchauffement climatique empilent les effets néfastes alors les femelles ne mettent bas que tous les trois ans, après environ 15 mois de gestation. Enfin, leur chasse n’est pas réglementée chez les populations autochtones du Grand Nord.
Les envoûtantes effluves de la fleur cadavre
L’Arum titan (Amorphophallus titanium) a été découvert dans l’île de Sumatra en 1878 par le botaniste italien Odoardo Beccari.
Son inflorescence (disposition des fleurs sur la tige) est l’une des plus hautes du monde, pouvant dépasser les 3,5 mètres. Sa floraison ne dure que 72 heures, une fois tous les 10 ans. L’enjeu est donc d’assurer sa reproduction au plus vite. Pour y parvenir, « le pénis de titan » ainsi prénommé en indonésien émet une odeur pestilentielle détectable à 800 mètres de distance : les insectes pollinisateurs accourent. Les fleurs laissent ensuite la place à des fruits rouges mangés par les oiseaux. Son existence dans la forêt indonésienne est menacée par la déforestation liée à l’huile de palme.
Les sirènes du lagon en danger de disparition
Cette sirène là est plutôt dodue, inoffensive et végétarienne. Quelque 700 à 800 individus évoluent dans la réserve marine du Parc de Corail en Nouvelle Calédonie où ils sont protégés depuis 1962. Mais ils étaient 2.000 en 2003. Le constat est sans appel : les dugons sont en voie de régression sur l’ensemble de leurs aires de répartition, dans le monde entier. Leur classement comme espèce « vulnérable » sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) ne traduit donc pas la réalité des dangers qui les menace d’autant que leur rythme de reproduction est lent. Encore appelés vaches marines car ils broutent les herbiers des fonds sableux, ils restent braconnés pour leur viande et sont victimes de collision avec les bateaux. Éducation des communautés et contrôle plus strict de leur protection
doivent être mis en œuvre.
Le varan malais entre terre et mer
Second sur le podium des plus grands lézards du monde, après le dragon de Komodo, le varant malais prospère dans les îles du Sud-est asiatique.
Le cœur battant des grenouilles de verre
Ce rare amphibien affiche tous ses organes à la vue de tous : une particularité propre à l’espèce dont la survie est engagée dans les pays endémiques où elle vit.
Dégradation et destruction de leur habitat sous la pression de l’agriculture et de la déforestation sont les causes de la disparition progressive des Centrolenidae. Cette famille d’amphibiens a été créé en 1951. De couleur vert citron, certains spécimens ont un abdomen totalement translucide qui justifie leur nom de « grenouilles de verre ». Mais les raisons de cette transparence ne sont pas encore élucidées par les scientifiques. Endémiques aux pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, elles sont classées en danger critique d’extinction ou vulnérables sur la liste rouge de l’UICN. Elles jouent pourtant un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes locaux.
Les rhinocéros africains privés de cornes
Aujourd’hui, 4 des 5 espèces de rhinocéros sont vulnérables ou en danger critique d’extinction comme le rhinocéros noir d’Afrique (Diceros bicornis) dont ils restent moins de 6.000 individus en liberté. Le plus gros mammifère terrestre, après l’éléphant, est exécuté pour ses cornes dont les prétendues vertus médicinales et aphrodisiaques alimentent un commerce juteux en Asie. Pour décourager les braconniers, des mesures radicales sont prises, comme ici en Afrique du Sud : le tronçonnage de la corne coupe court aux velléités criminelles. C’est grâce à de telles actions et au prix d’une surveillance permanente que le nombre d’individus a pu remonter légèrement entre 2012 et 2018. Le nombre de rhinocéros braconnés en Afrique est passé de 3,7 par jour à 2,4 par jour, soit tout de même encore un toutes les dix heures.
Des lions blancs élevés comme proies
Lors d’un safari en Afrique du Sud, Linda Tucker, alors publicitaire à Londres, fait une rencontre inoubliable avec des lions blancs et décide de consacrer sa vie à leur protection. Pourtant menacés d’extinction, ces lions sont soustraits à leur environnement naturel, puis enfermés et élevés dans des fermes de reproduction, pour être ensuite massacrés lors de chasses en enclos par des amateurs de trophées payant chaque animal de l’ordre de 150.000 €. Depuis plus de 15 ans, celle qui est désormais surnommée « Cœur de lionne » a acheté une réserve privée dans laquelle ils peuvent se réacclimater et retourner ensuite à l’état sauvage. Elle se bat aussi pour que l’espèce soit reconnue en tant que telle et classée sur la liste UICN comme « en danger » Au total, il subsisterait quelque 300 individus en captivité et 13 seulement en liberté.
Le permis de tuer le poisson lion
Espèce exotique envahissante, le poisson lion (pterois volitans) décime la faune des récifs coralliens dans les eaux tropicales.
L’hybridation de l’ours polaire
En Arctique, il est un endroit unique pour étudier les ours polaires. Le biologiste Geoff York évoque leur rencontre, sur place, avec les ours bruns qui migrent au Nord.
Le jaguar, maître secret de la jungle
La biologiste Venetia Briggs piste le plus grand félin de Mésoamérique pour aider à assurer sa survie. Un corridor écologique de 6 millions de km2 qui traverse plusieurs pays du Mexique jusqu’à l’Argentine a été organisé.
Aux Marquises, une extraordinaire biodiversité marine
Sophie-Dorothée Duron fait partie des 45 chercheurs internationaux venus étudier cet écosystème unique. Sur 460 espèces de poissons répertoriées, ils en ont découvert 20 jusqu’ici totalement inconnues.
Dans les îles Tuamotu, l’art de pêcher au harpon
Le Polynésien Ato Lissant explique sa technique ancestrale et infaillible pour attraper du poisson. Ou comment savoir construire une telle arme et la manier avec succès.
