La ferme et le journalisme
15 millions d’auditeurs dans le pays
Des unités de stockage réfrigérantes
Fondateur de cette entreprise comptant désormais 68 collaborateurs, Nnaemeka Ikegwuonu en est aussi le dirigeant, à la demande des fonds américains qui y ont investi quelque 280.000 dollars. Désormais, il s’y consacre entièrement, ayant seulement gardé un poste d’administrateur au sein de la Smallholders Foundation. Il espère les premiers bénéfices en 2023, après une importante expansion en 2022. « Nous nous préparons à travailler au Bénin, en Afrique du Sud et à travers des partenariats locaux en Zambie. Mais, nous tenons d’abord à achever notre développement au Nigeria pour ne pas répéter les mêmes erreurs dans les autres pays », explique-t-il.
Un approvisionnement robuste, fluide et résilient
ColdHubs travaille donc au développement de prototypes de marché pour promouvoir un nouveau modèle. Il consistera, notamment, à se focaliser sur des aliments de haute qualité et appropriés à la nouvelle donne environnementale, tout en défendant une agriculture à petite échelle, plus génératrice de revenus que l’agriculture de subsistance. « Nous avons prouvé, ces quinze dernières années, que ce genre d’exploitation est profitable tout en générant des impacts environnementaux positifs », justifie l’entrepreneur. La première étape sera de concentrer sur le marché nigérian, puis de reproduire ces innovations dans d’autres pays du continent. « Notre premier défi est de rendre l’approvisionnement alimentaire robuste, fluide et résilient. C’est une condition pour pouvoir transformer le système alimentaire », détaille Nnaemeka Ikegwuonu.
Les bonnes résolutions affichées à la Cop 26 pourront-elles l’aider dans son entreprise ? C’est encore la voix du fermier qu’il n’a jamais cessé d’être, pragmatique et battant, qui s’exprime : « Les dirigeants du monde utilisent ces réunions comme une tribune où ils font des promesses à réaliser dans cinq ans ou plus. C’est encore beaucoup de rhétorique sans action. Or les atteintes à l’environnement sont massives et nous devons commencer à réparer dès aujourd’hui. Cela nécessite des investissements importants, des ressources humaines et la compréhension des gens. En Afrique de l’Ouest, les problèmes sont énormes : des fermiers n’ont plus de terrain à planter. Les enjeux environnementaux génèrent des enjeux politiques et sociaux. Quant aux pays émergents, ils devraient commencer par considérer leurs propres problèmes, même si les revenus et le budget national sont faibles. Il existe plein de solutions locales qui recèlent de véritables effets de levier. Je ne suis plus en accord avec la demande continue d’obtenir des fonds de la part des pays développés. Cela transforme nos leaders en mendiants et cela ne résoudra pas nos problèmes immédiatement. »
